L’échelle d’inférence, un modèle pour comprendre nos comportements

Raisonner par groupes, par catégories, par ensembles, généraliser, simplifier…Prêter des intentions aux autres, penser que le monde est comme-ci ou comme ça, faire des suppositions sur soi-même … La façon dont nous interprétons les situations dépend de notre modèle du monde. Commencé à se former dès notre plus jeune âge, celui-ci est constitué de toutes les croyances que l’on peut avoir sur le monde qui nous entoure, sur les autres et sur nous-mêmes. Dans la logique du « si, alors », comme une hypothèse initiale servirait de base à un raisonnement sur un sujet quelconque, une croyance encadre nos comportements et nos émotions.

Le dessin ci-dessous représente « l’échelle d’inférence » que Chris Argyris – un célèbre auteur américain et consultant en organisation, a utilisé pour représenter le processus mental qui conduit aux croyances et comportements qui en découlent.

Boucle des Croyances

Nous commençons au bas de l’échelle avec une infinité de données observables « neutres ». Alors que nous progressons dans celle-ci, nous allons filtrer les informations perçues sur la base de croyances que nous avons adoptées (voire « boucle réflexive »). Nous créons ensuite du sens à partir de ces données « filtrées », puis nous émettons des suppositions basées sur ce sens. Nous tirons ensuite des conclusions qui seront utilisées pour adopter de nouvelles croyances ou renforcer des croyances existantes. Celles-ci nous semblent évidentes et nous n’en changeons pas tous les matins….

Dans la mesure où nous agissons en accord avec ces croyances « enregistrées », nous n’inventons pas un nouveau comportement chaque fois que nous sommes confrontés à une situation nouvelle. Nous nous référons à ce que nous avons déjà fait dans une circonstance qui nous semble similaire. Des ces conditions, les comportements s’enclenchent automatiquement sans que nous y réfléchissions. Ce mode « pilote automatique » nous est utile à bien des égards. Comment serions-nous alors capable de conduire en voiture dans des embouteillages tout en repensant à notre journée de travail et en écoutant de la musique?

Ce que nos modèles du monde ne nous permettent pas en revanche, c’est de percevoir les situations et les personnes comme ils sont dans l’ici et maintenant. Une personne que l’on connaît bien par exemple, peut-être désireuse et capable de se comporter différemment dans une situation, mais il est probable que nous y répondions comme si de rien n’avait changé. C’est parce que certaines « trajectoires » de notre cerveau ont été utilisées de façon si répétée qu’une sorte de « fossé » a été creusé dans celui-ci.

Notre capacité à réaliser nos souhaits peut être également altérée par des croyances qui nous limitent. Par exemple, « je pense que je ne suis pas capable de faire telle chose », « le bonheur, c’est pour les autres », « ils n’accepteront jamais ma proposition », « dans la vie on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre », etc.

Si nous restons indéfiniment sur cette échelle, nous pourrions nous retrouver à faire du surplace, c’est-à-dire, faire les mêmes choses, avoir les mêmes comportements et les mêmes émotions… Il est donc parfois utile de prendre conscience de l’endroit où nous sommes sur cette échelle et de faire un pas de côté. Nos croyances doivent être examinées, clarifiées, et mises en perspective en fonction de nos besoins et des circonstances du moment. Sortir un temps du mode « pilote automatique », de notre « zone de confort », contribue à réduire nos dissonances, à être plus en accord avec nous même.

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